Nutrition optimum pour chevaux de course, d’élevage ou de loisir

Par Linda BENNIS BSc (Hons), Physiologiste et Nutritionniste Équin

Les fibres : En priorité et principalement

Les fibres sont avec l’eau les substances nutritives les plus fondamentales et cruciales dans le régime alimentaire des chevaux, quel que soit le type de travail qu’ils effectuent ou leur style de vie…

Tous les chevaux, qu’ils soient athlètes de haut niveau, ou cheval familial de loisir, ont le même système digestif qui est principalement conçu pour digérer des feuillages fibreux afin de soutenir la vie et l’équilibre digestif.

Pour aller plus loin dans la nutrition équine, nous devons observer comment l’espèce équine a évoluée et à quel point le cheval a été éloigné de son habitat naturel et de son style de vie originel.

Il est particulièrement ironique de s’apercevoir qu’un animal qui était naturellement un herbivore vagabond errant librement, est maintenant fréquemment enfermé dans de petits espaces et nourri avec des repas inadaptés à base de céréales…

Pléthores d’aliments et de compléments existants de nos jours peuvent prêter à confusion, même pour le propriétaire de cheval le plus instruit. Mais en comprenant les bases du système digestif du cheval, nous pouvons tous clairement comprendre quel type d’aliment nous devrions ou ne devrions pas donner à manger à nos chevaux.

Pour commencer, prenons un peu de recul et examinons le cheval. La première chose que l’on peut remarquer est qu’il a une tête longue attachée à un long cou, ce qui lui donne l’opportunité de la diriger habituellement vers le sol. Cela nous montre que c’est un animal de pâturage. La tête du cheval héberge 40-42 dents dans ses mâchoires, qui fonctionne comme une grande charnière pivotant à partir de l’arrière de la tête, juste derrière les oreilles.

Le balancement qu’effectue la mâchoire en mâchant le fourrage signifie que les dents sont réparties de façon égale. Quand les aliments sont donnés uniquement dans des mangeoires en hauteur ou dans des filets à foin par exemple, l’action de la mâchoire en est perturbée et il en résulte une usure inégale de la dentition.

Les feuillages fibreux ont une large superficie, le cheval doit en conséquence balancer la mâchoire et mâcher intensément pour décomposer le fourrage en plus petites particules, les préparant ainsi à être avalées.

Au contraire, les céréales ont une superficie beaucoup plus petite, le cheval doit les mastiquer en mouvements de petits cercles, créant ainsi des bords tranchants et des « crochets » au niveau de la dentition, qui amènent douleurs et inconfort pour l’animal (on parle de surdents).

En dehors du fait que la mastication soit bénéfique à l’usure des dents, elle joue un rôle très important dans les premières étapes de la digestion, de par le fait que la salive est uniquement produite en réponse à la mastication. En effet, la salive contient de hauts niveaux de bicarbonate de sodium qui agit comme un « amortisseur » vis à vis de l’acide gastrique, et comme lubrifiant pour éviter l’étouffement (bouchons). La salive des chevaux ne contient pas d’enzymes digestives des glucides telle que l’amylase par exemple…

À l’état naturel, le cheval mastique 16 à 18h par jour. C’est un de ses besoins fondamentaux !

Et ce afin de produire cette salive salvatrice qui empêche l’acide gastrique de prendre le dessus et d’attaquer les parois stomacales, occasionnant des ulcérations… invisibles de l’extérieur, mais induisant des douleurs au cheval, et donc une nervosité accrue et des difficultés à se concentrer au travail.

Un cheval bien dans son système digestif doit pouvoir mastiquer la majeur partie se sa journée et ne pas rester plus de 4h maximum (idéalement 3h) sans ingérer de fibres pour activer cette mastication essentielle à sa bonne santé générale.

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